Un petit tour prudent sur la politique à Hyères

 HYERES porte la double empreinte de deux personnalités très fortes, celle de l'ancien Maire Leopold Ritondale, présent pendant 60 ans à la Mairie, comme commis de mairie au début, puis, de poste en poste Directeur des services, secrétaire général, puis comme Maire, réélu sans discontinuer de 1983 à 2008 !! et celle de Yann Piat, député d'Hyères, assassinée dans des circonstances très troubles et non complètement éclaircies en 1994. 

 Leopold Ritondale

 Wikipedia dit de Leopold Ritondale :

Autodidacte, il traverse toutes les turpitudes de la vie politique varoise dans ces années pour le moins troubles. Ainsi, à Hyères, surnommé « Hyères-les-Bombes » pour le nombre impressionnant d'attentats à l'explosif contre des restaurants, d'incendies de boîtes de nuit ou de mitraillage de bars, le Maire Ritondale est passé à tabac devant chez lui par des hommes armés de battes de base-ball, le 26 mars 1991, puis trois ans plus tard, c'est la députée Yann Piat qui est assassinée le 25 février 1994. Léopold Ritondale soutiendra pourtant, dans l'incrédulité générale qu' « il n'y a pas de mafia dans [sa] ville ». Le comportement de Léopold Ritondale fut souvent jugé atypique et quelquefois même amoral et irresponsable ainsi en 2002, lorsqu'il alla soutenir dans la commune voisine de La Londe, lors d'une élection partielle, la liste PS-PCF.

 Yann Piat et canal +

A propos de Yann Piat et du film qui lui a été consacré, Canal+ n'a pas hésité à écrire dans sa présentation  que "dans le Var, les frontières sont toujours très minces entre politique et grand banditisme". Evidemment, l'affaire Yann Piat et les exploits passés de MM. ARRECKS, SERCIA et consorts donne un certain fondement à cette affirmation. Toutefois, l'emploi du présent me parait très choquant. A Toulon, Hubert Falco a bien remis de l'ordre dans la ville. A Hyères, le député J.P.Giran a fait de son mieux, sans jamais parvenir à décrocher la Mairie, jusqu' à la toute dernière élection. Aucun de ces personnes ne pourrait aujourd'hui être soupçonnée de collusion avec le milieu.

 La gestion de l'immobilier à Hyères


Là où ça se gâte un peu c'est au niveau de la gestion de l'immobilier par les minicipalités successives  d' Hyères. 

L.Ritondale a légué à ses successeurs une situation empoisonnée en raison du faible pourcentage de logements sociaux dans la ville.

Une première conséquence sociologique est d'obliger les jeunes actifs travaillant sur Hyères à habiter dans les communes périphériques, ce qui est aussi couteux pour eux en déplacements et contribue à compliquer les problèmes routiers.

La deuxième, qui chatouille le contribuable Hyérois, le non respect des normes fixées par la loi ALUR et donc par les pénalités à payer par la ville. Le taux de logements sociaux était de 11.45 % en 2005. Il remonte progressivement, mais la commune est sous la menace d'une pénalité de plus de 600 000 € par an si elle ne poursuit pas son effort de construction dans le domaine social.

Cette problématique a entrainé J. Politi puis JP Giran a accorder de nombreux permis de cpnstruire, dès lors qu'ils incluaient un bon pourcentage de logements sociaux.

Du coup les projets immobiliers fleurissent sans arrêt dans le ville, éveillant les craintes quant à un bétonnage excessif.

Il semble difficile d'atteindre un pourcentage correct sans construire plus de logements, or Hyères se trouve dans une situation assez singulière : bien que la commune soit très étendue (elle couvre 13 238  hectares ), les zones constructibles sont très réduites, quand on a défalqué les iles d'or, les zones littorales, le zone de bruit de l'aéroport, les zones agricoles protégées, les zones classées de la vieille ville, les zones inondables, les zones à rique de submersion (et je dois en oublier). Les constructions se concentrent donc sur quelkques petis secteurs, ce qui renforce l'impression de bétonnage.

 La politique locale

Depuis les élections de 2014, Hyères connait une nouvelle situation, après des décennies de gestion Ritondale et 6 années de gestion Politi dans la continuité. La nouvelle équipe sous la direction du Député UMP J.P.Giran comprend des personnalités du centre et de la gauche modérée. Les premiers conseils municipaux se sont déroulés dans le calme et dans le respect des oppositions, ce qui change du tout au tout par rapport au mandat précédent. Ca s'est un peu gâté par la suite, J.Politi ayant le souci de défendre son bilan, le FN étant entré au conseil  et la gauche ne voulant pas être en reste, malgré sa faible représentation (un élu PS, une élue écolo, mais qui travaillent comme dix!).
Un nouvel élément a dominé les débats du début du mandat : la situation financière de la ville. L.Ritondale avait laissé une ville peu dynamique, mais une situation financière saine. J.Politi a navigué tranquillement avec ces réserves, engageant dépenses sur dépenses (comme l'aménagement coûteux et ridicule de l'avenue Joseph Clotis), jusqu'à ce que même son adjoint aux finances décide de ne pas voter le budget !!
Avec la réduction drastique des reversements de l'état, la ville est passée en zone orange en quelques années. JP Giran a donc du mettre un frein à ses projets les plus emblématiques et naviguer très serré au milieu des problèmes dont il a hérité. Après le raz de marée national des Marcheurs en 2018, on se demande quelles seront les conséquences sur la politique locale de Hyères, bien que, après le passage éclair  du parachuté Zapolski aux élections législatives, on ne voit pas poindre une tête marcheuse, ni une organisation structurée.

Le Maire de Hyères communique largement  sur ses sites  et sur son compte Twitter. 

De leur coté, les écologistes expriment leurs points de vue sous couleur de l'association Changer d'Ere.

Ils ont fait liste commune avec le PS pour les municipales, derrière un chef de file PS, W.Seemuller, et se retrouvent avec une seule élue au conseil municipal. A eux deux, ils assurent une opposition pas toujours systématique, mais vigilante. Comme l'unique conseiller municipal PS, W.Seemuller, vient de quitter le  PS, il n'est pas impossible qu'il cherche à se recycler avec laRem, comme sa camarade C.Muschotti, ex communiste, ex PS, reconvertie hativement, mais habilement chez M.Macron. W.Seemuller poursuit sa route personnelle en se démarquant presque systématiquement des projets de JP Giran avec une approche intello de gauche qui ne trouve pas beaucoup de résonance dans le public Hyérois.

Le Front National, peu présent au niveau local en dehors des élections Européennes, avait trouvé un nouveau leader pour les municipales en la personne de l'ex n°2 du parti, Bruno Gollnisch, qui s'est aussi présenté aux cantonales. En fait, il ne  ne montre guère d'intérêt pour Hyères, comme le montre bien son blog . Il a eu quatre élus , mais a préféré son mandat de député Européen, abandonnant immédiatement Hyères. A noter que le FN est arrivé en tête des Européennes à Hyères et que, dans le quartier le plus populaire de la ville, il a obtenu plus de 42 % des suffrages  !!! Il représente maintenant une opposition sérieuse attachée au maintien des traditions. Aux élections législatives, le FN a désigné comme candidat une habitante de la Crau, qui n'a guère convaincu pendant une campagne où elle s'est mise à dos une partie des élus FN en place. Au second tour, les électeurs du FN ont préféré le Républicain JL Masson au Marcheur Zapolski. Les règlements de comptes au niveau départemental laissent toujours planer un doute sur l'identité des leaders futurs du mouvement.

Aux élections législatives, En marche avait donc désigné un Parisien pur jus parachuté pour se présenter à Hyères, M.Zapolski, informaticien de son état, complètement inconnu localement. Malgré une campagne éclair où il a réussi un premier tour très honorable, le sursaut des électeurs de droite ne lui a pas permis de gagner le second tour et c'est JL Masson, maire de la Crau qui succède à JP Giran ,qui ne se présentait pas pour cause de cumul des mandats. Pour l'instant, En marche ne dispose pas de structures sur Hyères. Il ne manque pas de candidats pour rechercher cette investiture, bien que l'électorat local ne soit pas forcément inconditionnel. de LaRem. Où se trouvent réellement les militants de la République en Marche dans ce contexte, et qui sont ils ?  Leur site internet est assez maigrichon pour l'instant. Il y a plusieurs recalés de la politique locale qui aimeraient bien s'accaparer cette étiquette (bien qu'en fonction de l'évolution de l'opinion ils se montrent moins actifs). Pour l'instant, aucune tête de liste incontestable n'a réussi à émerger

L'ancien Maire J.Politi a pratiqué la politique de la chaise vide, n'assistant pas au conseil municipal, mais soulevant des controverses par l'intermédiaire de ses colistiers. En avril 2016, il a décidé de se démettre de ses fonctions à TPM (communauté de communes) et de ne plus toucher ses indemnités de conseiller municipal. Ce n'est pas un retrait, puisqu'en même temps il a lançé une lettre diffusée sur internet pour défendre ses points de vue, au nom des "Valeurs Hyéroises", étiquette qu'il s'est choisi. Ces valeurs s'annoncent peu oecuméniques au vu des premiers numéros. Il essaie d'ouvrir une chicaïa de plus à propos d'un permis de construire de grande surface qu'il a refusé à plusieurs reprises, ce qui a valu à la ville d'être condamnée à autant de reprises. Pour finir, la condamnation étant assortie de pénalités d'astreinte, JP.Giran a bien été obligé de d'incliner. Débur 2019, il a refait surface, en ouvrant une permanence avec l'objectif avoué d'être candidat aux municipales. Devant les nombreux projets réalisés et en cours de réalisation par l'équipe Giran, il a un peu de mal à se battre au niveau du bilan et se contente pour l'instant d'essayer d'amalgamer les mécontents.

 Les réalisations et les projets de la municipalité Giran

Après son élection en 2014 comme Maire, JP.Giran a continué à exercer son mandat de député jusqu'aux dernières élections où il l'a cédé, comme il l'avait promis au moment des municipales. Ses projets municipaux ont démarré très progressivement , le temps que les adaptations au sein du personnel municipal se fassent.

Egalement, la situation financière de la ville n'était pas exactement celle attendue, d'où la décision que JP.Giran a du prendre d'augmenter les impots locaux, décision peu populaire. Il les a rediminué en 2019, ce qui ne peut que l'aider pour les prochaines municipales. Il espère avoir des impôts locaux plus bas en fin de mandature qu'en début. L'opposition argumente sur la necessité ou non de les avoir augmenter et enrage de les voir diminuer.


Une fois le rythme trouvé, on constate après quatre ans que la ville a évolué sur de nombreux sujets, même s'il reste beaucoup à faire.


Au niveau du logement, L.Ritondale avait complètement négligé l'habitat social, avec pour résultat l'exode des jeunes actifs vers la Moutonne et les autres communes voisines et le paiement annuel par la Ville de pénalités importantes dans le cadre de la loi SRU.  J.Politi avait bien amorcé un mouvement de construction incluant des logements sociaux, mais avec prudence. JP.Giran a accentué fortement cette politique qui n'est pas sans susciter des réactions de ceux qui protestent contre le "bétonnage" de la commune. Pourtant, le seul moyen de construire du social, c'est de construire, d'où les nombreux projets en cours.

L'aménagement des quartiers se poursuit en concertation avec les comités de quartier, Au niveau automobile, le plan de circulation du centre ville et du quartier de la gare ont été modifiés pour améliiorer la fluidité, avec des progrès (il faut dire que le plan de circulation du centre ville mis en place par l'équipe Politi était curieux!!) .

Les richesses de la vielle ville font l'objet maintenant d'un parcours aménagé, le Parcours des Arts, qui offre aux visiteurs un itinéraire agréable, en espérant que les commerces implantés dans des locaux réhabilités par la Mairie se développeront favorablement.

La Collégiale Saint Paul, qui est un véritable joyau, a été réhabilitée et le résultat qu'on voit  ici est magnifique. On attend maintenant qu'elle récupère le trésor que constituent ses ex votos, pour l'instant mis à l'abri. 

Le chateau fait l'objet d'une réhabilitation progressive, avec quelques découvertes récentes intéressantes à l'occasion de campagnes de fouilles..

La place Clémenceau (dite place de marbre en raison de son dallage) a été rénovée complètement. C'était inévitable, car la dalle béton sur laquelle elle est batie se fissurait et menacait le parking souterrain et les carreaux de marbre étaient en piteux état. La municipalité a opté pour une rénovation élargie, avec une refonte complète des espaces dans un projet conçu par Rudy Ricciotti (voir  ci dessous). Le réaménagement a perturbé profondément la vie du quartier,mais le résultat montre un réel changement, même si les critiques pleuvent , souvent contradictoires. On apprécie un espace reconçu et remis en état à la disposition des Hyérois (autrement plus convivial que le centre commercial prévu à une certaine époque, véritable hérésie).

Sur le port, la Mairie a accompagné le ravalement du principal batiment entrepris par les copropriétaires en réhabilitant le porche et en refaisant les trottoirs. Cette rénovation se poursuit avec la refonte complète du village de la mer et de la base nautique et par la future construction d'un hôtel haut de gamme à l'emplacement de l'ancien hôtel des Voiliers, complètement dépassé. (voir le projet  ci dessous). On peut regretter le mauvais timing concernant cet hôtel, abandonné depuis plusieurs années et qui ressemble de plus en plus à une ruine. Parallèlement on procède à l'agrandissement du parking qui devrait donner de l'air au marché dominical, pas à l'aise entre deux emplacements différents.

On peut regretter par contre que la municipalité ait cédé à certains restaurateurs en laissant les voitures circuler sur le quai l'hiver. 

Fin 2018, le projet d'hôtel haut de gamme a eu du plomb dans l'aile, la BAN ayant mis son veto à une surélévation, rendant l'économie du projet, déja limite, impossible. Ensuite la BAN est revenue sur son veto, relançant le projetautique continue, ainsi que l'agrandissement du parking qui devrait donner de l'air au marché dominical, pas à l'aise entre deux emplacements différents.

Le quartier de la gare va être complètement redessiné, avec l'implantation d'un pôle multimodal qui manquait terriblement depuis la modernisation de la ligne TGV.  C'est un vaste projet, qui comprendra la création d'un parking de 500 à 600 places sur les terrains que la SNCF a fini par accepter de céder à la commune. Dans l'état actuel, le projet établi parait convenir aux acteurs locaux, CIL et commerçants. Seule inquiétude : la gestion de la phase des travaux, qui risque d'étrangler le commerce du quartier.
Parmi les projets importants il faut aussi citer la promenade de bord de mer entre le port et L'Ayguade, projet cher à JP.Giran depuis longtemps est en cours de réalisation avec une inauguration prévue fin juin 2019. Cet aménagement prévoit la création d'un large chemin piéton parallèle à la mer et bordé de plusieurs centaines d'arbres. Parallèlement de nouveaux restaurants de plage seraient créés dans la zone entre le port et les Salins. Ceux ci ne nous ferons pas oublier ceux qui ont été démolis bêtement à la Bergerie, où la plage est bien plus belle, mais ce serait un progrès. Cette promenade est appelée à devenir un pôle d'attraction et va vite concurrencer la route du sel comme lieu de sortie des familles et des promeneurs de tout poil. Elle va faire du port et de l'Ayguade des destinations de sortie beaucoup plus attrayantes.
Dans la vielle ville, le parcours des Arts créé par la municipalité actuelle est devenu un lieu de plus en plus fréquenté par les touristes et les Hyérois et se développe avec de nouvelles installations. ce parcours crée lui aussi un pôle d'attraction dans la vieille ville dont les beautés restaient d'accès confus.  Dans le même secteur, la réouverture de la Collégiale Saint Paul et la remise en état du vieux lavoir ajoutent des centres d'intérêt nouveaux à la visite du vieux Hyères. Le couronnement de cette action sera l'installation dans la collégiale des ex votos qui dormaient dans les caisses depuis de nombreuses années et dont beaucoup sont exceptionnels.
Au centre ville, les beaux bâtiments de l'ancienne Banque de France, rachetés par l'ancienne municipalité, mais laissés fermés sont en travaux et vont abriter un nouveau musée dont on nous promet des merveilles. Objectif : ouverture septembre 2019.
Autre grand projet : l'aménagement de la zone du Roubaud, qui est un emplacement stratégique pour développer de grands programmes. Les contours d'un important pôle technologique se dessinent et devraient se préciser prochainement.
L'Opération Grand Site initiée par J.Politi se poursuit par ailleurs, avec de nombreux projets à long terme, voire très long  terme!


Donc, au total, un grand nombre de réalisations en cours ou à l'étude sont en train de radicalement changer la physionomie de la ville et lui conférer une autre dimension. Même si certains projets sont contestés, il s'agit bien de moderniser Hyères, qui avait bien besoin de sortir de l'immobilisme.

Reste le point majeur pour nous et pour des milliers de promeneurs : celui de la route du sel, sur lequel le service littoral semble vouloir garder la main mise, et sans qu'il y ait, pour l'instant, de plan bien établi. Un premier pas a été effectué en juillet 2018 avec la présentation d'un plan de protection élaboré par l'entreprie Grenobloise Artelia. Ce plan prévoit l'implantation d'une digue sous marine de 450 m de long, sur 10 m de large. C'est une variante affaiblie des solutions étudiées par le Pr Lacroix et ses élèves de Seatech. Sera t'elle suffisante ? En tout cas, c'est un début pour la sauvegarde de la route du sel et ce sera la première fois qu'une municipalité ose se lancer concrètement.

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