Questions sur l'APPEB :
La DDE (direction
départementale de l'équipement) a
présenté
en décembre 2007 à la Commission Consultative de
l'Environnement de l'aérodrome d'Hyères l'avant -
projet
du futur Plan d'Exposition
au Bruit de l'Aérodrome d'Hyères le
Palyvestre.
Le
précédent date de 1975 et sa limite de
validité
étant de 15 ans selon les décrets
régissant ces
documents, il se trouve donc périmé depuis 1990
!!!.
Autrement dit toutes
les
transactions immobilières effectuées
dans les zones sensibles depuis 1990 pourraient entrainer la mise en
cause de la responsabilité de l'Etat si une des parties se
trouvait lésée par ce retard.
Par
exemple,
le propriétaire
d'un terrain
situé en zone A selon le PEB de 1975 s'est vu refuser en
1995
un
permis de construire une maison individuelle, il a du vendre le terrain
à bas prix car inconstructible. Dans le nouveau
plan, il
découvre que son terrain est passé en zone B ou C
et est
devenu constructible. Il a donc été
lésé
dans la transaction.
A l'inverse,
une autre personne
a acheté en
2003 une maison située en dehors des zones de bruit. Si le
nouveau PEB vient étendre à son voisinage la zone
B ou C,
la valeur de son bien se trouve diminuée, car il l'aurait
payé moins cher si l'Etat avait fait son travail en temps et
en
heure.
Le projet
présenté
par la DDE a
été établi en fonction des
renseignements fournis
par la BAN. Des centaines de chiffres ont été
introduits
dans le modèle, le tout a été
mouliné par
un programme acoustique très complexe, ce qui rend le
résultat final
difficile
à juger, car les hypothèses de départ
sont
masquées.
L'Union
Hyéroise
Contre les Nuisances Sonores a de son
coté répertorié les points suivants (certains
de ces points paraissent purement techniques, mais en
réalité leur incidence sur les
résultats peut
être très importante):
1. Comment
ont été intégrés les vols
d'hélicoptères dans le modèle version
6.2 utilisé par la DDE, qui est explicitement non
prévu et non homologué pour ce type
d'aéronef ?
Commentaire
UHCNS juin 2008: dans un premier temps, on nous a répondu que le
modèle utilisé était le 6.2, d'où nos
réserves. Dans un deuxième temps, on nous a dit que le
modèle HNM (heliport noise model) avait été
utilisé en parallèle. Que croire ???
2. Est
ce que les atténuations latérales ont
été calculées selon la
méthode SAE 1751 ? Si oui, comment la DDE a
corrigé les valeurs de cette méthode, reconnue
inexacte pour les avions à moteurs suspendus, pour les
avions militaires et pour les hélicoptères? Si
des corrections ont été effectuées,
lesquelles ?
C'est bien la
méthode qui a été
utilisée. Commentaire UHCNS juin 2008:
elle est reconnue comme imparfaite, mais il y a des approximations bien
plus importantes dans les autres éléments du calcul.
3. Quels
paramètres (vitesse, angle de montée ou de
descente, temps de point fixe, paramètres acoustiques,
altitude de survol, etc...) ont été retenus pour
les catégories Dauphin et assimilés, Lynx et
assimilés, NH90 et assimilés ?
Réponse
de la
DDE: adressez vous au Service des bases aériennes,
Réponse
du service des
bases aériennes: adressez vous à la BAN,
Réponse
de la BAN:
adressez vous au Service des bases aériennes.
Comme
nous insistions, en
réunion, le représentant de la BAN s'est
réfugié derrière le secret défense !!
On
est très loin des exigences de transparence et d'auditabilité que doit
remplir un PEB.
4. Comment
ont été intégrés les vols
stationnaires ?
Même réponse
que ci dessus
5. Comment
ont été intégrés les
trajets entre les hangars et le point de décollage ?
Réponse
claire et nette: ils n'ont pas été intégrés.
D'où nos
lettres successives au Service d'ingénierie
aéroportuaire, à la DDE et au Préfet du Var, dont
voici un extrait:
Déplacements
au sol des hélicoptères:
Sur ce point, le Service d'Ingénierie Aéroportuaire nous a confirmé que
ces déplacements n'avaient pas été pris en compte.
Comme
nous avons contesté ce point dans plusieurs courriers, il nous
a été répondu (par lettre ref
D/n°110:SNIA-MED/PEA)avec les arguments suivants:
5.1.« cette
pratique est celle utilisée en France par tous les
modélisateurs INM pour le calcul des PEB et quelles que soient
les possibilités offertes par le logiciel ; elles ne tiennent
pas compte non plus de l'aéroport considéré; «
Nous
regrettons vivement que le service concerné se retranche
derrière ses habitudes, en refusant de considérer que
le site aéroportuaire d'Hyères présente des
particularités topographiques et des particularités
d'utilisation qui font que l'assimilation pure et simple aux autres
cas français ne peut mener qu'à des calculs erronés.
A notre connaissance, aucun héliport français faisant
l'objet d'un PEB ne se trouve surplombé par des collines
regroupant plusieurs milliers d'habitants qui sont exposés aux
bruits de déplacement en champ direct et non en diffusion
latérale, comme c'est en général le cas.
Nous
rappelons une fois de plus que, si les avions se rendent à
leur point de départ en roulant, avec les moteurs à
puissance réduite, la plupart des hélicoptères
s'y rendent en volant, donc avec les moteurs à la puissance
nécessaire pour les sustenter. Toutes les mesures de bruit que
nous avons effectué depuis Costebelle montrent que le niveau
sonore d'un Lynx ou d'un Panther en phase de déplacement est
sensiblement le même que pendant sa phase de départ.
Quand l'hélicoptère se situe devant la tour de
contrôle, le niveau sonore est même plus élevé,
en raison de la réverbération contre les batiments de
la tour.
Nous
regrettons également que le bruit des essais fixes ne soit pas
pris en compte, alors que le modèle le permet, sous le simple
prétexte que cela ne se fait pas en France. Signalons à
ce sujet que l'écran antibruit construit à grands frais
pour les essais moteur n'est pas efficace vis à vis des
habitations situées en hauteur.
5.2. « elle
est conforme aux recommandations du guide technique..de la
DGAC »
Ce
guide n'indique nullement qu'on doive négliger les mouvements
près du sol. Il indique au contraire qu'il faut prendre en
compte « l'heure de décollage et de toucher de
roues »(§3.2). Donc, dès lors qu'un
hélicoptère ne touche plus le sol, il doit être
considéré comme en vol, ce qui est du simple bon sens.
5.3.« il
semble donc tout à fait logique que la Marine n'ait pas tenu
compte des déplacements des hélicoptères par
effet de sol dans l'emprise de la base.........la plupart des
mouvements hélicoptères sont effectués depuis
une « FATO « proche des installations de la
BAN. »
Il
est inexact de
considérer que la plupart des décollages se font à
partir de la FATO. Les hélicoptères effectuant des
tours de piste, soit l'essentiel des mouvements gênants pour
les riverains, empruntent la grande piste, le départ se
faisant non loin du croisement des pistes. La plus grande partie des
nuisances subies dans les quartiers des Nartettes, de Costebelle, de
la Colline aux mimosas ne proviennent pas des décollages à
partir de la FATO, mais bien de ceux effectués à partir
de la piste principale, et notamment des tours de piste.
Le
temps de transfert du
point de décollage près des hangars jusqu'au point de
départ sur la piste peut atteindre 10 fois le temps de départ,
seul pris en compte dans l'APPEB actuel. Ne pas tenir compte de ces
bruits a donc pour résultat de minorer fortement le bruit
calculé pour tous les riverains situés en contrehaut
de l'aérodrome, et de conforter la BAN dans le maintien de
procédures inadéquates pour les riverains.
6. Le
relief des collines de Costebelle situées à
l'ouest des pistes a t'il été
intégré? Si oui, avec quel coefficient de sol ?
Il nous a été répondu que le relief avait
été intégré selon les méthodes
habituelles dans le modèle INM. Dont acte.
7.
Est
ce que les trajets retour de tour de piste des
hélicoptères ont été
intégrés, comme les passages au large du Port
Saint Pierre et de l'Ayguade?(dans la structure du modèle
INM 6.2, nous ne voyons pas trop comment cela se fait).Si oui, avec
quel coefficient de sol?
Apparemment,
les boucles sont bien prises en charge. Par contre, les tours de piste
ne sont comptés que pour un mouvement, alors qu'il y a un
décollage et
un
atterrissage.Par
contre,
mystère sur les coefficients de sol, et notamment sur celui pris sur la
mer, qui devrait correspondre à une absorption nulle, l'eau étant
réverbérante aux fréquences considérées.
8. Pourquoi a t'on utilisé des
variantes
de
trajectoires pour
les avions et pas pour les hélicos, alors qu'on sait que ce
sont
eux qui dévient le plus des trajectoires nominales ?
Ce
sujet fait l'objet d'un dialogue de sourds entre les habitants des
Pesquiers et certains habitants de l'Ayguade d'un coté et la BAN
de l'autre. Les premiers se plaignent depuis plusieurs années
d'être survolés fréquemment. La BAN, par la voix du
Capitaine de Frégate Matrone, commandant des opérations,
soutient que ce n'est pas le cas, malgré constats d'huissier et
nombreux témoignages.
La BAN a donc
imposé à
la DDE son point de vue et l'APPEB a été
réalisé sans tenir compte des dipersions de trajectoire,
ce qui défie tout bon sens.
9.
Pourquoi
a t'on estimé à
un niveau
ridicule les
mouvements d'avions de combat (75 décollages et 75
atterrissages
par an, dont seulement 0,75 après 22 h, et en ne comptant
pas
les survols à basse altitude, qui
précèdent chaque
fois l'atterrissage) )
Pas de
réponse.
Compte
tenu de toutes ces
incertitudes, l'UHCNS
émet toutes
réserves sur la validité de l'avant projet et a
demandé des éclaircissements à la DDE
sur les
points ci dessus.
Vous trouverez
ci
dessous les
courbes de l'avant
projet de décembre 2007. Pour la
zone B
(courbes jaunes) c'est la courbe extérieure qui a
été retenue par la CCE. Pour la zone C (courbes
vertes)
c'est la courbe médiane qui a été
retenue. La CCE
a choisi de ne pas tenir compte de la zone D pour Hyères (à
8 voix contre 7, ce qui n'est pas très probant compte tenu de la
composition de la CCE, qui n'était même pas conforme à la
règlementation des CCE, car les associations de riverains yétaient
sous représentées) .
Par
contre Cuers a choisi d'en tenir compte.
Plan de la
zone centrale

Plan
de la zone sud- L'Almanarre, les Pesquiers, La Capte, le Port
Saint Pierre

Zone
Nord est - Les Salins, Les Cabanes du Gapeau

Zone
Nord-
l'Ayguade, le Ceinturon, Macany

Zone
Nord Ouest - la Moutonne,
Saint Martin

Comparaison
entre le PEB 1975 et
l'avant projet
présenté par la DDE
Quels sont les effets de ce nouveau PEB ?
En
supposant que ce PEB
corresponde à la réalité, ce dont nous
doutons,
compte tenu des questions restées en suspens et sans
réponse des pouvoirs publics à ce jour, on peut
dresser
un premier bilan des zones favorisées par rapport
à
l'ancien, et des zones défavorisées.
Les
quartiers gagnants sont
surtout ceux qui étaient situés sur la
trajectoire
d'envol des avions militaires, c'est à dire:
- au Sud toute la
zone
entre l'avenue du Palyvestre et les Salins des Pesquiers, qui passe de
zone de bruit A à zone B ou C et de zone B à zone
C,
- au Nord, la zone située au Nord de la
route de
Macany
à
l'Ayguade, qui, suivant les endroits, passe de A à B ou
même C, et de B à C ou D.
Les quartiers perdants sont ceux qui subissent les tours de
piste,
dont
le Commandant de la BAN, le Capitaine de Vaisseau Faugeron disait en
2000 pour anesthésier les Hyèrois: "Il
n'y aura plus de circuit
en tour de piste"
(Var matin du 17/10/2000).
Ces quartiers sont:
- les Pesquiers,
où
la zone de bruit couvre théoriquement le bois seulement,
mais
où, en réalité, les hélicos
passent vers
les tennis,
- le Nord du port Saint Pierre, où les
immeubles
situés au niveau du troisième bassin sont
maintenant en
zone de bruit, ce qui n'était pas le cas avant,
- le Nord de
l'Ayguade coté mer, où le passage du tour de
piste
amène un trafic qui n'existait pas avant,
- Le flan Est de
Costebelle est également concerné, car c'est
là
où les vols stationnaires, les mouvements au sol et les
Touch
and Go sont les plus ressentis, c'est aussi là où
les
hypothèses de trafic sont les plus inexactes et
où elles
ont été le plus minorées (
à confirmer
quand les Pouvoirs Publics auront répondu à nos
questions).
Autres quartiers fortement pénalisés: les
Nartettes,
Saint Martin et le coté Nord de Costebelle. La BAN a
profité de ce projet pour y remettre en service la piste Sud
Est
- Nord Ouest, qui était désaffectée
pour les
décollages sauf urgence ou sécurité.
La BAN semble
avoir levé un certain nombre d'obstacles administratifs qui
empéchaient les décollages sur cette piste. De ce
fait,
la situation future dans le prolongement de cette piste sera plus
mauvaise que du temps des simulations d'appontage et les Nartettes et
Saint Martin, qui n'étaient pas survolés vont
l'être à nouveau !!! Si on tient compte de la zone D, le
quartier de la gare est même en grande partie touché.
Je
me tiens à la disposition de chacun sur mon email
laroutedusel@gmail.com pour
vous apporter toute précision en fonction de votre adresse.
QUELQUES
RESULTATS
DE L'UHCNS:
Les actions de l'UHCNS ont
eu quelques
résultats très modestes:
- révision
du projet de Plan d'Exposition au Bruit: la BAN, la DDE et
la
Préfecture avaient l'intention d'envoyer à l'enquète publique le projet
ci dessus tel quel. La Directrice de la DDE, présidente de la CCE, a
fait le forcing en décembre 2007 pour faire adopter à chaud le projet
de PEB, malgré les anomalies évidentes constatées. Elle y a réussi,
avec une faible majorité, mais depuis, elle a été obligée de faire
marche arrière, ce qui en dit long sur l'absence de sérieux de la
préparation<. En effet, devant nos nombreuses objections et
celles de
certains CIL, le projet de plan est en cours de révision. Nous espérons
que certaines de nos objections concernant la
méthodologie seront prises en
compte, sinon, il faudra aller au Tribunal Administratif.
-
modification de la
composition de la
Commission Consultative de l'Aéroport: nous avions
contesté la
composition de cette commission, où étaient mélangés les problèmes
d'Hyères et ceux de Cuers, ce qui permettait aux pouvoirs publics de
noyer le poisson plus facilement, et où les riverains étaient sous
représentés. Nous avons eu satisfaction sur ces deux points: Cuers et
Hyères ont chacun leur commission et la parité a été respectée dans la
nouvelle CCE. On nous l'a fait payer en nous rétrogradant du statut de
titulaire à celui de suppléant. La mesquinerie du procédé donne
l'ambiance, derrière les sourires de facade. Le CIL de Costebelle et
l'ASPHA ont eux aussi été nommés suppléants, ce qui est un comble vu
leur action dans le domaine et leur représentativité.
-
action auprés des
pouvoirs locaux: nos
lettres de Juin 2008 adressées au Préfet et à la Directrice
Départementale de l'équipement étant restées sans réponse, nous nous
sommes tournés vers les autorités politiques, M.le Député JP.GIRAN et
M.le Maire J.POLITI, qui nous ont tous deux soigneusement écouté,
notamment en ce qui concerne les interactions entre le PEB et le PLU,
que la municipalité actuelle a remis en révision. La commission municipale de
l'environnement
a été convoquée par le Maire en réunion spéciale bruit pour le 15
décembre, nous vous tiendrons au courant des débats
auxquels
l'UHCNS participera activement.
Commission
extra
municipale de l'environnement Spéciale
bruit du 15 décembre 2008
Placée sous
la présidence de
Francois CARRASSAN, premier adjoint, elle a commençé par une
intervention du Maire, Jacques POLITI, soulignant l'importance que la
nouvelle municipalité accordait à ces problèmes. De nombreux adjoints
et responsables municipaux étaient présents. Dans la salle une
cinquantaine de personnes représentaient de nombreux CIL, l'UHCNS,
Changer d'Ere, etc..La BAN était représentée par le Capitaine de
Vaisseau PINASA, commandant la BAN, le Capitaine de Frégate MATRONE et
le Major JARRIER . La DDE était représentée par M.LIBERT.
Ce
dernier et
le Major Jarrier ont présenté longuement la BAN et le mode de
construction d'un
Plan d'Exposition au Bruit, exposé parfaitement rodé, puisqu'il a été
déja effectué à 2 ou 3 reprises depuis la CCE de décembre
2007.
Cela leur a permis de tenir les questions à distance le plus longtemps
possible en occupant 60 minutes sur les 90 que pouvait durer la
réunion. Le seul point nouveau est que le projet élaboré en 2007 et qui
devait être soumis à l'enquète publique avant adoption ne le sera pas
et va être revu. Aux questions concernant les points qui vont changer
dans cette nouvelle mouture,
les réponses ont été évasives et ont manqué de transparence.
Dès
que
cela a été possible, les questions ont fusé, à commencer par le
président de l'ASPHA (les Pesquiers), JP.SARTRAL, qui a demandé comment
on faisait pour calculer le bruit alors que les hélicoptères ne suivent
pas les trajectoires annonçées dans le PEB. Il lui a été répondu que
les hélicoptères ne déviaient qu' exceptionnellement de leur
trajectoire. JP. SARTRAL a alors révélé qu'une société d'acoustique
agréée avait fait des relevés sonores à la demande de l'ASPHA dans des
propriétés
situées aux Pesquiers et qu'elle avait mesuré des niveaux sonores de 85
dB(A) à plusieurs reprises lors du passage d'hélicos, ce qui ne
pourrait pas se produire si ceux ci passaient effectivement à 300 m de
là. Globalement, le niveau sonore mesuré par cette société d'acoustique
est supérieur à celui calculé
dans le PEB. Le Cdt PINASA a répondu "qu'il laissait à M.SARTRAL la
responsabilité de ses affirmations", réponse peu convaincante et ne
tenant aucun compte des éléments concrets apportés par l'ASPHA.
JP.SARTRAL en a déduit que 3 solutions s'offraient pour faire aboutir
les réclamations:
- organiser
des manifestations,
- discuter avec la BAN pour obtenir satisfaction,
- se regrouper face aux représentants de l'Etat pour faire évoluer les
choses.
Comme ses adhérents ne sont pas du genre à semer le
désordre, que le dialogue avec la BAN s'est avéré impossible, reste la
troisième solution.
Mme
Colette RICHARD, présidente du groupement des CIL, a rappelé que, lors
de la CCE de décembre 2007, il avait été voté (à 8 voix contre 7) la
non
adoption de la zone D (zone à niveau de bruit dB) et précise qu'elle
souhaite que cela soit bien acté. Réponse de M.LIBERT: ce point sera à
nouveau soumis à la CCE, mais en dernier ressort le vote de la CCE
n'est que consultatif, la décision appartenant au Préfet. Elle évoque
ensuite le problème du quartier de la gare, qui se trouve en zone de
bruit dans
le projet de PEB, alors qu'il y a visiblement peu de nuisances
déclarées dans ce quartier. Il lui est répondu que les avions civils ne
décollent finalement pas sur la petite piste, comme cela
avait
été prévu à tort. Ce point sera rectifié dans le prochain calcul. (on se
demande
pourquoi introduire dans un plan à 15 ans des hypothèses non vérifiées
) .
Elle
demande
pourquoi tous les membres de l'ancienne CEME n'ont pas été conviés, ce
à quoi M.CARRASSAN répond que cela sera fait pour la suite.
Elle
demande, approuvée par tous les présents, que les documents soient
communiqués 1 mois avant la CCE, et non 3 jours avant comme la dernière
fois.
Patrick
COLLET, président de l'UHCNS, se demande pourquoi les courriers
de son association posant des questions sur les hypothéses de calcul du
PEB sont restés sans réponse, malgré plusieurs relances auprès du
Préfet et de la Directrice de la DDE. Il rappelle que le calcul du PEB
doit être transparent, ce qui n'est pas actuellement le cas. Réponse
évasive de M.LIBERT.
Alain GIRARD, secrétaire de
l'UHCNS,
souligne que certaines hypothèses ayant servi à établir le premier
APPEB sont inexactes et sous évaluent l'impact sonore réel des hélicos.
Les remarques adressées à ce sujet à la DDE, au Préfet et au service
des bases aériennes n'ont pas rerçu de réponse valable. En particulier,
il n'a pas été tenu compte des transferts entre les hangars et les
points de décollage. Le Cdt PINASA répond que cela étendrait les zones
B et C et aussi qu'il faudrait modifier les règlements pour
en
tenir compte. A.Girard conteste formellement ce dernier point en
rappelant que le modèle utilisé par la DDE (INM 6.2) permet non
seulement de tenir compte des déplacements au sol, mais aussi des
essais moteurs, en rappelant également qu'un Plan d'Expossition au
Bruit doit tenir compte de toutes les sources de bruit et pas seulement
de certaines. Notamment il considère qu'un hélicoptère dont les roues
ne touchent plus le sol fait le bruit d'un hélicoptère en vol, en
raison de la puissance nécessaire à la sustentation. Le Cdt PINASA
répond que tout cela est du ressort des politiques et que c'est à eux
qu'il faut s'adresser (????).
Daniel SOUCHELEAU,
président du CIL
de Costebelle, demande ensuite pourquoi les hélicos ne pourraient pas
effectuer leurs tours d'école comme ils le faisaient à St Mandrier,
c'est à dire au dessus de la mer et si la BAN ne pourrait pas adapter
mieux ses circuits en fonction de l'environnement Hyèrois. Le Cdt
PINASA lui répond, en faisant semblant de ne pas avoir compris les
questions, que la décision de déplacer la flottille de St Mandrier à
Hyères est une décision politique (????). En fait, on voit bien sur la photo ci
dessous que les hélicos n'avaient que quelques mètres de piste d'envol
à St Mandrier et qu'ils pourraient sans problème raccourcir leurs
manoevres à Hyères :

A.Girard
demande au
Cdt PINASA si la flottille 28 F va ou non quitter Nimes Garons pour
Hyères. En réponse, le Cdt PINASA accuse M.Girard de colporter des faux
bruits pour inquiéter les riverains, accusation réfutée par M.Girard
qui ne veut pas qu'on déforme ses propos et qu'on fasse semblant de
prendre une question pour une affirmation. Pour finir, le Cdt PINASA
reconnait que seront mutés à Hyères les avions de liaison Xingus de la
28F (nota: ces avions font des points fixes particulièrement longs
et bruyants !!).
Pour finir, F.CARRASSAN
confirme
l'intérêt de la municipalité pour tous ces problèmes, et déclare que
ses services suivront de près la suite du nouveau PEB.
Nos
conclusions sur cette réunion:
François
CORNILEAU a résumé la
tendance générale en constatant qu'on avait parlé beaucoup d'urbanisme
et de droits à construire et peu d' environnement.
Les
représentants
de la BAN ont la plupart du temps été évasifs, se réfugiant derrière
les décisions prises en haut lieu, n'hésitant pas à répondre à coté des
questions, voire à nier les témoignages apportés (comme par l'ASPHA),
voire à déformer les propos tenus par certains participants. Leur
argument de base est de plus en plus clair: laissez moi faire du bruit, je
vous
laisserai construire.
La
réunion a, une fois de plus montré que le point de vue de la BAN reste
très éloigné de celui des riverains. Entre eux, il devrait y avoir les
pouvoirs publics comme arbitre. Or, ceux ci ne jouent pas leur rôle: la
DDE s'est jusqu'à maintenant contentée de prendre pour argent comptant
les chiffres de la BAN (même quand ils étaient visiblement faux, comme
on l'a vu à propos de l'utilisation de la petite piste), la Préfecture
suit la DDE. Nous avons demandé en vain qu' un audit
technique du dossier soit réalisé par l' Autorité de Contrôle des
Nuisances Aéroportuaires (ACNUSA), qui intervient sur tous les
aéroports majeurs de France. Il faut
bien remarquer que
la DDE a mis en place des stations de mesure depuis septembre 2008. Aujourd'hui,
elle aurait du être à même de communiquer le résultat de ses premières
mesures, ce qui aurait permis de voir si les calculs du PEB
correspondaient ou pas. M.LIBERT est resté muet sur ce sujet et, faute
de temps, nous n'avons pas pu lui poser la question.
En
ce qui concerne
le PEB
futur, il semble bien que la BAN, et, dans la foulée la DDE et le
Préfet, cherchent à garder confidentiels tous les éléments de calcul
de façon à ce que nous ne puissions pas controler
que les hypothèses correspondent bien à la réalité.
Quand
on refuse de nous communiquer les temps de décollage et d'atterrissage
comme étant Secret Défense (Cdt Matrone lors de notre dernière AG),
cela nous incite à douter de la validité des hypothèses. Pour être plus
clairs: nous avons aujourd'hui la conviction que tout a été fait pour
minorer les niveaux sonores calculés et à ne pas révéler officiellement
l'ampleur des nuisances sonores de la BAN. La BAN cherche à s'appuyer
sur la crainte de certains de voir leur habitation ou leur
terrain classés en zone de bruit. Il faut revenir à la réalité: ce qui
pénalise la valeur d'une propriété, c'est bien l'existence d'une
nuisance, pas son inscription dans tel ou tel document. Nous devons
nous battre contre les nuisances et ne pas accepter que les documents
d'urbanisme soient faussés au détriment des nouveaux
installés.
A
la suite de la
CEME, nous avons demandé et obtenu un rendez vous avec son Président,
François CARRASSAN. Au cours de ce rendez vous, nous avons expliqué que
les divergences de point de vue entre la BAN et certains riverains
n'étaient pas admissibles. Exemple : ou bien les hélicos passent au
dessus des Pesquiers, et dans ce cas, la BAN n'est pas crédible, ou
bien c'est l'inverse et les riverains ont tort. De même, ou bien les
déplacements au sol sont entendus sur le flan est de Costebelle, ou
bien pas.
Ce serait aux pouvoirs publics de trancher ces
questions et d' éliminer les mensonges et les affabulations. Comme,
clairement, la Préfecture s'en fout, nous comptons sur la Mairie pour
éclairer le débat.
F.CARRASSAN nous a alors expliqué, qu'à la
suite de la CEME, il avait mis à l'étude une campagne de mesures
acoustiques destinée à déterminer les niveaux sonores réellement subis
en certains emplacements clés. Un appel d'offre a été lançé par la
Mairie, les coûts étant partagés avec la DDE (à noter que la
BAN n'a
pas accepté de participer, ce qui en dit long sur la bonne foi de ses
responsables).
Le cabinet d'acoustique retenu devra poser 3
stations de mesure (+ une sur l'aéroport lui même) et analyser les
résultats sur 3 mois. Les résultats permettront de voir si on s'écarte
des calculs de l'APPEB et, donc, si celui ci est crédible ou non.
L'appel
d'offres de la
Mairie a été remporté par le cabinet Azimut Monitoring. Ce cabinet n'a
pas d'expérience dans le contrôle d'aéroport, que seuls possèdent 2 ou
3 grands cabinets. Sur son site (www.azimut-monitoring.com), Azimut Monitoring déclare :
"Notre
intervention permet :
- d'objectiver
les
nuisances et d'assurer leur traçabilité
- d'intégrer
les
organisateurs et établissements dans une gestion active
- de
fixer les
règles de décision en toute clarté
- de
valoriser la
démarche auprès des visiteurs et des habitants : chartes
environnementales, chartes de la vie nocturne."
On attend donc des
résultats à la hauteur des attentes.
Ca commence toutefois
assez mal, car Azimut monitoring s'est senti suffisamment au courant de
la situation pour ne pas tenir compte de nos remarques. De ce fait, une
des 3 stations de mesure a été placée à un endroit où elle subit un
bruit parasite important. Il
a fallu 3 mois pour s'en rendre compte ,
ce qui a décalé tout le programme de mesure, dont nous n'aurons les
résultats qu' en octobre ou novembre !!!
RAFALES
Les
essais de Rafale à Hyères
Comme
les riverains de l'aéroport
ont pu s' en rendre compte, des essais en vol d'avions de combat Rafale
ont lieu depuis juin sur la BAN.
L' Union Hyèroise Contre les
Nuisances Sonores proteste énergiquement contre le choix
d'Hyères pour effectuer ces essais.
Il existe des Centres d'
Essais en Vol
de la DGA (Délégation Générale pour
l'Armement) dont c'est le rôle. Cazaux en Gironde et Istres,
dans les Bouches du Rhône, emploient ainsi des milliers de
personnes pour cette fonction d'essai. Ces centres disposent autour
d'eux de vastes zones non urbanisées où la réalisation
d'essais ne présente pas de danger pour les populations, ce
qui n'est pas le cas à Hyères, où on voit les
Rafales survoler des zones habitées pendant des évolutions
en virage serré (à un riverain qui s'inquiétait des risques d'accident,
l'officier de garde à la BAN a déclaré : "les Rafales n'ont jamais
d'accident". C'était en août, la suite a malheureusement montré le
contraire).
Cette arrivée des Rafale à
Hyères est contraire à tous les engagements pris dans
le passé par la BAN. En effet, la charte de qualité de
l' environnement sonore de l'aérodrome prévoit que
l'aérodrome soit utilisé uniquement en déroutement
d'urgence pour les avions de combat du Charles de Gaulle. D'ailleurs,
dans ses prévisions de trafic aérien, la BAN a prévu
50 mouvements de Rafale par an, soit 25 couples
décollage/atterrissage. Or, chaque essai de Rafale comprend
plusieurs décollage/atterrissage, ce qui fait qu' en quelques
jours le quota annuel a été atteint et dépassé.
Par conséquent, il ne sert à rien d'établir des
Plans d' Exposition aux Bruits sur des bases non réelles.
Dans
ses communiqués, la BAN justifie ces essais par "l' étude du
comportement de l'avion par vent traversier" et n'hésite pas à affirmer
que les trajectoires de ces essais "sont calculées pour minimiser les
gênes sonores et sont compatibles avec le PEB actuel et le PEB futur".
Ces
affirmations manquent de fondement sérieux :
- il y a au moins autant de mistral à Istres qu' à Hyères, voire plus.
- de nombreux essais ont eu lieu avec vent non traversier .
A Hyères, les pistes sont environ à 45 ° du Nord. A Istres, la piste
est à 60°. On voit mal où est la différence justifiant de venir faire
ces essais en pleine saison à Hyères.
- les trajectoires ne minimisent la gêne sonore que pour le centre
ville. Pour l'Ayguade et le Port, les Rafales passent dessus à basse
altitude en virage serré dès après le décollage.
- ces essais ne peuvent être en conformité avec le PEB de 1975, qui a
été établi avec des décollages rectilignes au départ des pistes et qui,
de toutes façons fait référence à des niveaux sonores qui ne sont plus
acceptés depuis 2002.
- ces essais ne peuvent être en conformité avec le futur PEB, celui ci
est encore en calcul !!!
Ces
essais ont été entrepris sans que la Commission Consultative de
l'Environnement ait été consultée, ni même informée, alors que
l'article L571-13 du code de l'environnement prévoit "qu'elle doit être
consultée sur toute question d'importance(...) qui pourrait avoir une
incidence sur les zones affectées par le bruit", ce qui est bien
évidemment le cas.
De
plus, les Rafales utilisent souvent la post combustion au décollage, ce
qui est formellement prohibé par la charte de qualité de la
BAN. NOUVEAU: on nous dit que c'est faux, que les Rafales n'utilisent
pas la postcombustion. Alors voila 2 photos prises a quelques secondes
l'une de l'autre, juste avant et juste après que le Rafale ait coupé la
postcombustion :

Cette
affaire illustre bien le mépris total dont on fait preuve à l'égard des
riverains.
A
SUIVRE
nous vous ferons part ici
de nos
nouveaux commentaires au fur et à mesure que nos questions
recevront (ou pas ) de nouvelles réponses