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Premier sujet de taille, offert gracieusement par
la municipalité :
Le
carnage des restaurants de plage,
ou comment saboter l’accueil fait aux touristes et
empoisonner la
vie des Hyérois qui préfèrent
déjeuner sur
les plages face aux Iles d’or, plutot qu’avenue des
Iles
d’or, comme certains.
Cette
histoire commence par la fin des concessions de plage et la mise en
concurrence des plagistes, dont certains sont installés
depuis
quinze ans au même emplacement. Rien que de très
normal de
faire jouer la libre concurrence, en se réservant la
possibilité d’éliminer les plagistes et
les
restaurateurs dont le service n’a pas
été à
la hauteur.
Dès
le début, ça se présente mal. La
municipalité
d’Hyères, dont la rapidité de
réaction
n’est pas la principale qualité, commence par
s’y
prendre trop tard et elle doit prolonger d’un an les
concessions,
faute d’ avoir réagi dans des délais
normaux. Tant
pis pour les adjudicataires qui avaient tablé sur une
décision en 2004, ils n’ont eu
qu’à manger
des sandwiches en attendant le bon vouloir de nos édiles.
Ensuite,
la municipalité fait du zèle en concoctant un
cahier des
charges fait pour faire plaisir aux bureaucrates parisiens, pour
lesquels l’été commence avec les
vacances de
bobonne et finit avec celles des gamins. Plusieurs
nouveautés
sont ajoutées au cahier des charges, notamment :
-
ouverture seulement une partie de l’année,
-
horaires d’ouverture dans la journée
réduits fortement,
-
redevance à la Mairie multipliée par dix ou vingt.
Résultat
:
les meilleurs professionnels en place ( Côté Mer,
Café
Plage, Sumar, Zone Bleue ) et quelques autres, refusent de
soumissionner, estimant que les contraintes qui leur sont
imposées sont incompatibles avec une exploitation normale
des
restaurants.
En
effet, la fermeture hivernale les empêche de conserver leurs
équipes toute l’année (plus de
cinquante
personnes
ont perdu leur emploi à cause de cette décision).
La
fermeture des restaurants le soir les prive d’une part
importante de leur recettes, et la taxation
supplémentaire
introduite par la mairie, même s’ils en
répercutent
une partie sur leurs tarifs, constitue un handicap
supplémentaire.
Parvenus
à ce point, des gens respectueux de
l’intérêt
général se seraient posés des
questions et
auraient cherché un dialogue pour essayer de comprendre
pourquoi
des professionnels bien installés sur Hyères,
certains
depuis quinze ans, se préparaient à tirer un
trait sur
des années de travail, sur leurs clients, sur leurs
salariés.
On
aurait peut-être
pu trouver des compromis qui, tout en respectant la
réglementation nouvelle, auraient permis de sauvegarder
l’essentiel.
C’EST
QUOI, AU FAIT, L’ESSENTIEL?
Est-ce
que ce ne serait pas que les habitants d’Hyères
puissent profiter de leurs plages et de leurs sites, que les touristes
ne soient pas réduits au sandwich grignoté sur le
sable,
que les plages disposent de quelques toilettes et de quelques douches
(rappelons qu’au 15 mai, il y avait une douche et un wc pour
toute la plage de la Bergerie et RIEN sur toute la plage de
l’Almanarre, fréquentée par plusieurs
centaines de
personnes pendant les week-end de Pâques et de Mai).
De
fait, plutôt que de réfléchir
à
l’intérêt général
et de rechercher des
solutions via un dialogue avec les professionnels les plus
sérieux, la municipalité s’est raidie
sur ses
solutions, ou plutot son absence de solutions.
Première
conséquence :
Les
meilleurs professionnels, Café Plage,
Côté Mer,
le Sumar,
Zone Bleue, ne soumissionnent pas et s’en vont à
la date
fixée par la municipalité, laissant la place
à des
candidats qui ont tout à prouver.
Seule
la sympathique équipe de Ponta Pora se porte à
nouveau candidate.
Les
propriétaires de Zone Bleue (qui ont
été
condamnées en justice pour construction illégale
il y a
quelques
années), décident de rendre les lieux dans
l’état où
elles
l’ont trouvé, c’est à dire
démolissent
tout, y compris la dalle, ce qui rendra très
problématique une reconstruction.
Voilà
ce qui
fut Zone Bleue, où je buvais le petit café du
matin, après mon footing :
Voilà
aussi 15 ans de travail pour une équipe qui n’a
peut
être pas bétonné son dossier sur le
plan juridique,
mais qui a sérieusement mouillé la
chemise
pendant ces 15 ans (sûrement plus que les fonctionnaires de
la Mairie
en charge du dossier).
Deuxième
conséquence :
Une
fois les plagistes partis, comme aucune mesure de protection
n’a
été prise par la municipalité, les
vandales
s’en donnent à coeur joie, brisent les vitres,
pillent les
tables et les chaises laissées sur place, cassent tout ce
qui
peut se casser. Le tout se fait sans aucune réaction de la
Mairie, qui attend plusieurs semaines avant de poser des protections.
Rétrospectivement, on peut se demander si cette inertie
n’était pas voulue, les vandales servant les
projets de la
municipalité.
Troisième
conséquence:
Ayant
découragé les plagistes sérieux, ayant
laissé les vandales démolir à
moitié les
batiments restants, la municipalité décide de
finir le
travail elle-même et de ne pas attribuer la
plupart
des lots de la Bergerie et de l’Almanarre, y compris Ponta
Pora,
établissement pourtant tenu par une équipe jeune
et dynamique, d’un excellent rapport
qualité/prix.
A
la rentrée, la municipalité pourra toujours
convoquer des
commissions Théodule pour essayer de comprendre pourquoi le
chiffre d’affaires des commerces liés au tourisme
est en
baisse.Sans aucune structure d’accueil, il restera aux
touristes
à manger leur sandwich, et à nous laisser leurs
papiers
gras en échange de notre hospitalité.
Question
subsidiaire : pourquoi avoir obligé à fermer
Côté
Mer et Café Plage, qui étaient au Ceinturon en
dehors du
domaine maritime, donc dans la même situation que les
restaurants
du Mourillon, qui, eux, restent ouverts toute
l’année ???
Maintenant,
honneur aux nouveaux concessionnaires, nous verrons bien
s’ils sont meilleurs que les anciens.
En
attendant que tous rouvrent, on peut déja dire que les
Salinas
jouent la continuité : les tarifs étaient
prohibitifs dans
l’ancien emplacement, ils sont toujours prohibitifs dans le
nouveau : 12 euros pour une endive coupée en rondelles et
accompagnée de huit crevettes abusivement
baptisées
langoustines. Pour ce prix, vous avez le meilleur plat du Robinson ou
du Tocco.
C’est
encore le client qui paiera la politique d’attribution des
lots !!!
DERNIER
REBONDISSEMENT! :
La
municipalité, qui se débrouille
décidément
comme un pied, a perdu au Tribunal administratif le droit de
reconstruire des locaux à l’emplacement de ceux
qu’elle avait démoli cet hiver, sous des
prétextes
qui ne tiennent pas la route.
Il
n’y aura donc plus de restaurants de plage à
Hyères, en dehors de ceux du Ceinturon et de la cabane du
Salinas.
Quel
beau progrès pour la promotion de la ville !
Décidémment, les gens qui s’occupent du
tourisme
à la Mairie ont partie liée avec les vendeurs de
sandwich
à la sauvette.
Alors
que la presqu’île a des atouts superbes
à faire
valoir.
Quelle
belle contribution à la défense de
l’emploi, avec
plusieurs dizaines d’emplois détruits !!!
Sans
oublier les gémissements quand on se demandera pourquoi une
certaine clientèle, celle qui aime son confort et qui a les
moyens de se le payer, déserte Hyères
au profit
d'autres stations, plus chères, mais plus avenantes. On se
posera les questions, toujours les mêmes, de savoir
pourquoi le touriste Hyérois dépense moins.
Avec
le recul, on voit bien en 2008 que les choix faits par la
municipalité ont été
désastreux.
Au
Ceinturon, les jeunes ambitieux mais non professionnels du Day se sont
plantés, laissant un établissement
fermé en plein
milieu de la plage. Plus sérieux et malgré les
améliorations qu'il a apporté au cadre,
le repreneur de Café Plage rame à se maintenir
à
flot, avec de grosses difficultés à conserver un
personnel qui accepte de ne travailler que les week ends 9 mois de
l'année. Il a aussi du remonter fortement ses prix pour
compenser toutes les charges qu'il subit. C'est le consommateur qui
paie!!
Aux
Salins, l'ex Nulle part ailleurs est fermé, les batiments
à l'abandon, prèts pour le tournage d'un film
d'horreur.
Sur
la route du sel, à l'Almanarre, Zone Bleue et Sun
plage
sont démolis irrémédiablement et on ne
voit pas
comment quelque chose pourrait être reconstruit.
Cela
devrait faire les affaires du Robinson et de la buvette du Funboard
Center, ce n'est même pas le cas, les clients sont partis
ailleurs, tout simplement.
Sur
la plage de la Bergerie, il ne subsiste plus que Ashkelon plage et le
Paddock, dont la cuisine n'est pas faite pour allécher le
touriste. De plus, ces deux établissements ouvrent tard en
saison et ferment tôt, et ne contribuent pas à
l'élargissement de la saison souhaité de toutes
parts.
Ajoutons qu'en période de fermeture, ils laissent les lieux
dans
un état inadmissible d'abandon, barrières de
chantier
pour l'un, parasols déchirés pour l'autre.
Disparus et
non remplaçés: les Pieds dans l'eau, les
Sunlights, le
Sumar, le Ponta Pora, dont la municipalité a
cassé les
constructions. Comme par ailleurs, la municipalité a perdu
au
Tribunal administratif contre une association écologiste et
qu'elle n' a pas réussi à mettre sur pied un
nouveau PLU,
le redémarrage de
nouveaux établissements n'est pas pour demain. Rappelons que
la loi
littoral autorise 20 % de plages privées, ainsi que la
construction
quand elle est dans la continuité de l'existant. A la
Bergerie, on est
à moins de 5 % d'occupation et il y a des emplacements dans
la
continuité de l'existant et n'empiétant pas sur
la plage. Alors ???
Espérons
que la nouvelle municipalité sera moins branquignol que
l'ancienne sur ce sujet.
Quel
avenir pour la presqu’île ?
A
l’occasion de la nouvelle année, Var Matin a
consacré une page entière à une
interview du Maire
de Hyères, M. Léopold Ritondale, dans laquelle
celui-ci a
exposé ses projets pour la commune et ses principales
préoccupations.
Un lecteur Hyérois a trouvé que cet
exposé
reflétait insuffisamment certains problèmes de la
commune
et a adressé à Var Matin le courrier suivant,
publié dans le journal du 11 janvier :
DANS QUELLE VILLE VIVONS- NOUS ?
J'ai lu attentivement la
page
entière
d'interview que vous a accordé le Maire de
Hyères.
Après l'avoir lue, je me suis demandé si lui et
moi
habitions bien la même ville.
Après
avoir parcouru la France dans tous les sens, ,j'ai choisi de
m'installer
définitivement dans cette ville, certes pour son climat,
mais
aussi pour la grande variété
d'activités qu'on
peut y pratiquer, pour la voile, pour le motonautisme, pour les plages,
pour les plongées, pour les promenades à pied et
en
vélo, pour les oiseaux, et j'en passe. J'apprécie
particulièrement que la commune reste animée
l'hiver,
contrairement à d'autres communes de la Côte
varoise et de
la Côte d'azur, que des centaines de visiteurs se pressent
sur la
Route du Sel en plein mois de Décembre, que des planchistes
et
des dériveurs continuent à naviguer à
la Bergerie
en Janvier, que vélos et patineurs sortent au moindre rayon
de
soleil, que beaucoup de commerces restent ouverts et qu'on y soit bien
accueilli.
Je
reconnais que l'avenue Joseph Clotis et le sort de l'immeuble de la
Banque de France me laissent très indifférent
(j'y vais
le moins souvent possible : on a du mal à se garer et la
largeur
des emplacements du parking Gambetta est telle qu'on s'y fait souvent
rayer sa voiture).
Je
suis plus préoccupé de la disparition des lieux
conviviaux qu'étaient les restaurants de plage, de
l'encombrement des ports, des entraves mises à la
circulation
sur le sentier littoral, des nuisances sonores de l'aéroport
et
de la pollution des avions, des risques de grippe aviaire
transportée par les migrateurs.
Pas
grand chose de tout cela dans les propos de notre Maire.
On
ne croirait pas se trouver dans une ville touristique de
Méditerranée, mais dans n'importe
quelle ville
banale de province ou de banlieue. On trouve dans ces propos des soucis
de bonne gestion municipale très honorables, mais aucun
souffle
qui permettrait d'exploiter les possibilités extraordinaires
que
possède notre commune. C'est sûrement bien de
mettre de
belles
fleurs sur la voie Olbia, mais je crains que la plupart des touristes
qui fréquentent la presqu'île n'y passent que pour
arriver
et repartir. Ne parlons pas de l'avenue Joseph Clotis, qui,
contrairement à ce qu'a l'air de penser la
municipalité,
n'est pas le centre du monde. Ces touristes
préfèreraient
peut être moins d'étalages de poubelles, moins de
stockages sauvages de bateaux et de caravanes, des parkings qui ne
ressemblent pas à des terrains vagues, des sentiers
littoraux
balisés et surtout sans interruption, des
capacités de
stationnement à proximité de la gare, qui
permettraient
à tous de profiter des commerces de ce quartier, que bien
des
villes nous envieraient.
Finalement
le Hyères de M. le Maire et le mien n'ont qu' un point
important
en commun : le plateau de Costebelle. Hélas, j'y vois un
poumon
vert pour l'agglomération, lui y voit un terrain
à
bétonner. Tout est dit!!
La suite de cette polémique
est
désormais à ranger aux oubliettes, Leopold
Ritondale
étant décédé.
Nous
espérons que son successeur saura élargir son
champ de
vision au delà de l'avenue Gambetta et de l'avenue Joseph
Clotis
et s'occupera un peu plus de ce qui fait la vraie richesse
d'Hyères, à savoir son patrimoine naturel.
Ce
n'est pas évident, car la campagne des municipales a
montré que beaucoup de candidats, toutes listes confondues,
ignoraient une grande partie de ce qui se passe en dehors de leur
quartier. Donnons à la nouvelle équipe la chance
de faire
mieux que l'ancienne, bien que beaucoup de membres soient des anciens .
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